Alexandra GranierNaturopathe · Paris 15ᵉ
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5 novembre 2026

Perturbateurs endocriniens : comprendre leur interaction avec notre corps et agir au quotidien

Perturbateurs endocriniens et endométriose : comprendre leurs interactions avec notre corps et adopter des gestes simples au quotidien.


Une boîte que l’on réchauffe, une crème appliquée chaque matin, la poussière qui revient sur les meubles : notre environnement nous expose à des substances dont certaines peuvent perturber notre système endocrinien. Faut-il pour autant refaire toute sa maison et surveiller chaque ingrédient ? Comprendre notre exposition à leur action nous permettra de choisir quelques changements utiles, compatibles avec notre budget et notre vie quotidienne. Les perturbateurs endocriniens font partie des facteurs épigénétiques : c’est-à-dire qu’ils peuvent modifier l’expression de nos gènes.

La santé hormonale concerne chacune de nous, avec ou sans maladie diagnostiquée. Les perturbateurs endocriniens méritent une attention particulière : ils constituent une piste majeure de recherche dans l’endométriose. L’objectif est de réduire les expositions évitables, sans attribuer sa maladie à un produit ni se sentir responsable de ce que l’on n’a pas pu éviter.

Quand les messages hormonaux sont brouillés

Les hormones sont des messagers chimiques. Produites notamment par les ovaires, la thyroïde, le pancréas ou le tissu adipeux, elles participent à la reproduction, à la croissance et au métabolisme. Elles transmettent leurs messages à des cellules capables de les reconnaître grâce à des récepteurs.

Un perturbateur endocrinien est une substance extérieure à l’organisme, ou un mélange, qui altère le fonctionnement hormonal et entraîne ainsi des effets néfastes pour la santé.

Une simple interaction avec une hormone ne suffit donc pas à établir ce caractère nocif. Les substances peuvent être naturelles ou fabriquées par l’être humain, comme la pilule ou les huiles essentielles. [1]

Elles peuvent :

  • imiter une hormone et déclencher un signal inapproprié ;
  • empêcher son action en interférant avec son récepteur ;
  • modifier sa fabrication, son transport ou son élimination.

Ces mécanismes concernent non seulement les œstrogènes, mais aussi les xéno-œstrogènes, qui sont des substances extérieures capables de reproduire certains effets œstrogéniques. [1, 2]

Des enveloppes symbolisant des messages hormonaux se dirigent vers une cellule dessinée ; un trajet interrompu évoque une communication perturbée.
Les hormones transmettent des messages aux cellules de nos différents organes.

Des expositions multiples et les périodes de vulnérabilité

L’exposition peut passer par les aliments et l’eau, par l’air respiré ou par le contact avec la peau. On peut ainsi rencontrer ces substances dans certains emballages, cosmétiques, produits ménagers et matériaux domestiques.

Parmi les familles étudiées figurent certains bisphénols, phtalates, pesticides et composés perfluorés. Leurs usages, leur persistance et leurs effets diffèrent. Certaines substances restent longtemps dans l’environnement ou l’organisme ; d’autres sont éliminées plus rapidement, mais les contacts répétés entretiennent l’exposition et donc la potentielle accumulation dans les différents tissus du corps.

Les périodes de plus grande vulnérabilité sont :

  • La période in utero et les 1 000 premiers jours de la vie.
  • La petite enfance.
  • La puberté.

Les effets peuvent apparaître plus tard. L’exposition simultanée à plusieurs substances complique également l’évaluation de leur impact : leurs actions peuvent se combiner, sans que l’on puisse calculer le risque effectif à partir d’une simple liste de produits. [3]

Cette sensibilité justifie d’anticiper les changements quand une grossesse est envisagée, sans paniquer devant les expositions passées. Une exposition ne signifie pas qu’un dommage surviendra. Le médecin, la sage-femme ou votre naturopathe peuvent vous aider à repérer les situations qui demandent un conseil personnalisé, plutôt que de multiplier les achats présentés comme protecteurs. [2]

Une femme assise dans une cuisine lumineuse, avec des aliments et des contenants sur la table ; une salle de bain et ses produits sont visibles à l’arrière-plan.
Les principales voies d’exposition. Ces exemples ne signifient pas que chaque produit cité contient un perturbateur endocrinien. Sources : ministère de la Santé et Inserm [2, 3].

Quels liens avec la santé et l’endométriose

Les recherches concernent notamment la fertilité, le développement de l’enfant, la fonction thyroïdienne, certaines maladies métaboliques et certains cancers hormonodépendants. Les niveaux de preuve varient selon la substance et l’effet étudié.

L’endométriose, maladie inflammatoire dépendante des œstrogènes, s’inscrit dans ce champ de recherche. Elles explorent notamment les liens entre environnement hormonal et inflammation, en étudiant les substances capables d’interférer avec les hormones.

Les trois perturbateurs endocriniens spécialement impliqués dans le développement de la maladie :

Le TCDD ou tétrachlorodibenzo-p-dioxine

Il module les processus de signalisation médiés par les œstrogènes et la progestérone qui sont des hormones stéroïdes nécessaires au maintien d’une physiologie utérine normale. L’exposition au TCDD a été expérimentalement liée au développement de troubles de la reproduction chez les mammifères, notamment l’endométriose.

Où trouve-t-on du TCDD ?

  • Dans les produits de combustion : incinérateurs.
  • Dans l’alimentation d’origine animale.
  • Dans les pesticides et herbicides.

Son impact sur l’organisme

  • L’altération du système immunitaire.
  • Les troubles de la reproduction.
  • Une augmentation du risque de cancer.

Comment s’en protéger ?

  • En limitant la consommation d’aliments riches en graisses animales.
  • En évitant de s’exposer à la fumée.
  • En consommant des produits issus de l’agriculture biologique.

Les phtalates

Ce sont des perturbateurs endocriniens antiandrogènes et œstrogéniques. Ils sont présents à des concentrations plus élevées dans le plasma des femmes porteuses d’endométriose.

Où trouve-t-on les phtalates ?

  • Dans les plastiques souples (PVC), les cosmétiques, les jouets en plastique.

Leur impact sur l’organisme

  • Le développement sexuel.
  • La spermatogenèse et la quantité de sperme.
  • Un risque accru de contracter le diabète de type 2 et l’obésité.

Comment s’en protéger ?

  • Regarder les étiquettes : « phthalate-free » !
  • Choisir des cosmétiques sans phtalates.

Les bisphénols

Ce sont les plus connus, car en imitant les œstrogènes, ils peuvent maintenir de faibles niveaux de récepteurs à la progestérone : phénomène qui perturbe la cyclicité utérine et qui peut être à l’origine du développement de l’endométriose.

Le BPA est un des perturbateurs les plus étudiés, car le plus répandu. Des études ont montré qu’il est abondamment présent dans le sérum des femmes porteuses d’endométriose par rapport aux femmes non porteuses.

Où trouve-t-on le bisphénol ?

  • Dans les plastiques, la résine époxy que l’on retrouve dans le revêtement des boîtes de conserve.
  • Les reçus de caisse thermiques¹.

Son impact sur l’organisme

  • Il perturbe le développement du cerveau et du comportement.
  • Il augmente le risque de cancer du sein et de la prostate.
  • Il a des effets sur la fertilité et le développement des organes reproducteurs.

Comment s’en protéger ?

  • Attention : il est sensible à la chaleur et au froid.
  • Acheter des objets certifiés sans bisphénols (BPA ou BPS)¹.
  • Remplacer les plastiques par des matières stables comme le verre ou l’acier inoxydable.

¹ NB : le BPA a été remplacé par le BPS entre les années 2014 et 2020, sans que ce remplacement soit forcément plus sûr.

Cf. « The use of bisphenol A and its alternatives in thermal paper in the EU during 2014–2022 », référence ECHA-20-R-07-EN, publié en juin 2020.

L’endométriose est une maladie multifactorielle. Réduire son exposition reste une démarche de précaution.

On commence par la cuisine !

Premier geste accessible : transférer le repas dans un récipient en verre adapté avant de le réchauffer. Lors d’un remplacement nécessaire, le verre ou l’inox conviennent à de nombreux usages alimentaires.

Ensuite, varier les aliments et leurs provenances évite de dépendre toujours d’une même source de contaminants et pesticides. Cuisiner davantage à partir de produits simples permet de mieux choisir ses ingrédients.

Si votre budget le permet, les produits biologiques peuvent aider à réduire l’exposition à certains résidus de pesticides.

À la maison : simplifier avant de remplacer

Deuxième priorité : renouveler l’air régulièrement, entretenir la ventilation et retirer la poussière avec un chiffon humide. Ces habitudes limitent certaines expositions domestiques sans achat important. Réduire les parfums d’intérieur et les pulvérisations inutiles est aussi un point de départ concret. [4]

Dans la salle de bain, faites le point sur les produits réellement nécessaires. Au renouvellement, privilégiez des soins simples, sans parfum, et des labels dont les critères sont explicites. Le mot « naturel » ne garantit pas l’innocuité !

Enfin, si votre activité professionnelle implique des pesticides, solvants ou autres produits chimiques, protégez-vous avec des gants et masques prévus à cet effet. Vous pouvez aussi solliciter le service de prévention et de santé au travail, particulièrement en cas de projet de grossesse. Les mesures collectives de protection comptent davantage qu’une vigilance individuelle permanente. [4]

Une femme transfère son repas dans un plat en verre, près d’une fenêtre ouverte et d’un chiffon plié, dans une cuisine claire.
Des gestes simples à installer progressivement dans son quotidien.

Choisir un changement qui tient dans la durée

Commencez par une habitude facile : changer le récipient du déjeuner, aérer une pièce ou renoncer à un parfum d’ambiance. Une fois ce geste installé, choisissez le suivant. Cette progression respecte les contraintes de temps, de logement et de budget, tout en donnant une direction claire.

Pour choisir votre point de départ, observez une journée ordinaire : comment le repas est-il chauffé*, quels produits sont pulvérisés², combien de soins sont appliqués³ ? Retenez un geste fréquent et facile à modifier. Il n’est pas nécessaire de dresser un inventaire exhaustif des substances de votre logement pour agir. Gardez un objectif réaliste et réévaluez-le tranquillement après quelques semaines.

L’accompagnement naturopathique peut aider à organiser ces ajustements et à les intégrer à une hygiène de vie adaptée. Réduire les sources évitables reste l’objectif concret, en complément du suivi médical. La qualité des produits et la réduction des pollutions relèvent aussi des fabricants et des pouvoirs publics : cette responsabilité ne repose pas sur vos seules épaules.

* Pour cuire vos aliments : pensez au Vitaliseur de Marion Kaplan ou au four à infrarouge.

² Pour vos produits d’entretien, pensez à l’épicerie bio en ligne : La Fourche qui livre à domicile.

³ Il existe plusieurs chaînes de cosmétiques bio :

  • Mademoiselle bio.
  • Aroma-Zone.
  • Avril.
  • Comme Avant.

J’espère que chacune y trouvera son bonheur !

Sources

[1] EFSA : Perturbateurs endocriniens.

[2] Ministère de la Santé : Perturbateurs endocriniens.

[3] Inserm : Perturbateurs endocriniens.

[4] Assurance Maladie : Perturbateurs endocriniens : comment les éviter ?.

ECHA : The use of bisphenol A and its alternatives in thermal paper in the EU during 2014–2022. ECHA-20-R-07-EN, juin 2020.

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