Alexandra GranierNaturopathe · Paris 15ᵉ
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28 septembre 2026

Endométriose : comprendre la maladie et l'accompagner au quotidien

Ce qu'est l'endométriose, pourquoi elle touche une femme sur huit, et ce qu'un accompagnement en naturopathie peut apporter en complément du suivi médical.


J'ai connu l'endométriose bien avant de la comprendre. Des années de douleurs mises sur le compte de règles difficiles, un diagnostic qui a mis du temps à venir : 20 ans d'errance médicale... puis les opérations ont suivi. Cette longue expérience ne m'a jamais quittée depuis que je reçois des femmes en cabinet. Peut-être cherchez-vous des réponses parce que vous êtes vous-même en attente d'un diagnostic, ou que vous venez de recevoir le vôtre : je m'adresse à vous en connaissance de cause, avec les mots d'une praticienne et anciennement patiente qui a souffert plus de 20 ans sans savoir de quoi je souffrais. Cet article ouvre un dossier construit à partir de mon mémoire de fin de cycle (Aesculape, 2021), consacré à l'accompagnement de l'endométriose, entre naturopathie fonctionnelle et médecine intégrative. Il pose les bases : ce qu'est la maladie, pourquoi elle est si longue à diagnostiquer, et ce qu'un accompagnement en naturopathie peut, et ne peut pas, vous apporter.

Qu'est-ce que l'endométriose

L'endométriose se définit comme la présence, en dehors de l'utérus, d'un tissu proche de celui qui tapisse sa paroi interne : l'endomètre. Ce tissu réagit aux mêmes hormones que l'endomètre normal. À chaque cycle, il s'épaissit, réagit, saigne parfois, sans pouvoir s'évacuer comme le font les règles. C'est cette réaction répétée, mois après mois, qui entretient l'inflammation locale, les adhérences entre les lésions et les organes, et la douleur. Les lésions se logent le plus souvent au niveau du petit bassin : ovaires, trompes, ligaments utéro-sacrés, péritoine. Elles peuvent, plus rarement, se développer ailleurs dans le corps. Les symptômes les plus fréquemment rapportés sont des douleurs de règles intenses, des douleurs pendant les rapports, une fatigue marquée et, parfois, des troubles digestifs autour des règles ; j'y reviens en détail dans le prochain article de ce dossier. Cette définition, je la reprends des Dr Evans et Bush, cités dans mon mémoire : elle a l'avantage d'être simple, sans minimiser la réalité de la maladie.

Une femme sur huit, un diagnostic qui prend de 7 à 12 ans

On estime qu'une femme en âge de procréer sur huit vit avec de l'endométriose. C'est un chiffre que je redonne souvent en entretien, tant la maladie reste mal connue, y compris de l'entourage proche de la cliente. Le délai moyen entre les premiers symptômes et le diagnostic, lui, s'étend de 7 à 12 ans selon les sources reprises dans mon mémoire. Douze ans, ce n'est pas un détail statistique : ce sont douze années de douleurs attribuées à des règles difficiles, à du stress, ou minimisées comme si elles étaient normales. Ce délai n'est pas neutre : il retarde la prise en charge, prolonge l'errance, et laisse le temps à la maladie de s'installer plus profondément chez certaines femmes. Ce délai est au cœur du prochain article de ce dossier, où je reviens sur ce qui a changé récemment dans le diagnostic, test salivaire compris.

Deux théories pour une maladie qui continue de se discuter

La médecine n'a pas encore tranché, de façon définitive, l'origine exacte des lésions d'endométriose. Deux grandes théories qui se complètent plus qu'elles ne s'opposent. La première, dite "théorie du reflux", explique comment du tissu endométrial peut refluer, au moment des règles, et s'implanter en dehors de l'utérus. La seconde, dite théorie de la métaplasie", explique comment un tissu, présent ailleurs dans le corps depuis la vie embryonnaire, peut se transformer sur place en tissu de type endométrial. Aucune des deux théorie, prise seule, n'explique la totalité des cas observés en cabinet. Ce que je retiens, en pratique : ces mécanismes expliquent pourquoi l'endométriose ne se comporte pas de la même façon d'une femme à l'autre, et pourquoi deux prises en charge identiques peuvent donner des résultats différents. C'est une des raisons pour lesquelles l'endométriose reste, aujourd'hui encore, une maladie difficile à cerner complètement.

Endométriose externe et adénomyose : deux visages de la maladie

On distingue, en pratique, deux grandes formes. L'endométriose dite externe touche des organes situés hors de l'utérus : ovaires, trompes, péritoine, parfois vessie ou intestin. L'adénomyose, elle, touche le muscle utérin lui-même (le myomètre), où le tissu s'infiltre au lieu de rester cantonné à la paroi interne de l'utérus. Les deux formes peuvent coexister chez une même femme, avec des tableaux de douleurs très différents d'une personne à l'autre. Les symptômes qui en résultent, douleurs de règles, douleurs pendant les rapports, troubles digestifs, fatigue, ne se ressemblent donc pas systématiquement d'une femme à l'autre, ce qui complique encore le repérage de la maladie. Je le rappelle souvent en entretien : le nom de la maladie est le même, mais ses zones, son étendue et son intensité changent radicalement d'une femme à l'autre.

À chacune son endométriose

C'est la phrase que je répète le plus en cabinet : "à chacune son endométriose". Deux femmes peuvent présenter un stade comparable à l'imagerie et vivre des douleurs totalement différentes. Une endométriose profonde peut rester silencieuse pendant des années, quand quelques lésions superficielles suffisent, chez une autre, à provoquer des douleurs invalidantes jusqu'au malaise. L'intensité de la douleur ne dit donc pas la gravité des lésions, ni l'inverse. C'est une des raisons pour lesquelles je construis, en entretien, un accompagnement individualisé plutôt qu'un protocole standard : le terrain, le mode de vie et l'histoire de chaque femme comptent autant que ce que montre l'imagerie. C'est aussi pour cela qu'un même conseil ne convient jamais à deux femmes de la même façon : ce que je propose en entretien se construit avec vous, pas avant vous.

Ce que je vois, en cabinet, au quotidien

En cabinet, je reçois des femmes à des moments très différents de leur parcours : certaines viennent avant tout diagnostic, avec des douleurs qu'on leur dit "normales" depuis des années ; d'autres arrivent juste après une annonce, sonnées, avec beaucoup de questions et peu de réponses concrètes sur ce qu'elles peuvent faire elles-mêmes ; d'autres encore me consultent plusieurs années après une opération, en cherchant à éviter une rechute ou simplement à mieux vivre avec la maladie, enfin d'autres souhaitent arrêter le seul médicament qui leur est proposé pour soulager leur douleur la pilule aux effets secondaires non négligeables pour certaines. Dans tous les cas, le premier entretien sert à faire le point : sur votre histoire, votre cycle, votre alimentation, votre sommeil, votre niveau de stress, et sur ce qui, dans votre quotidien, entretient ou apaise l'inflammation. Ce bilan de vitalité et cette analyse du cycle donnent lieu à un plan d'hygiène de vie écrit, avec lequel vous repartez, et que nous ajustons ensemble au fil des entretiens suivants.

Ce que la naturopathie peut, et ne peut pas, faire

Je le dis d'emblée, parce que c'est le socle de tout ce dossier : le naturopathe ne guérit pas, il donne les outils. Je n'établis pas de diagnostic, je ne remplace ni le suivi gynécologique ni un traitement en cours. Ce que je peux accompagner, en revanche, c'est l'hygiène de vie dans son ensemble : l'alimentation, la gestion du stress, le sommeil, et plus largement le soutien du terrain. Je m'appuie, pour cela, sur les quatre piliers de mon accompagnement : la naturopathie, la réflexologie plantaire, la micronutrition et la phytothérapie, toujours pensées comme un complément au suivi médical, jamais comme une alternative. Mon rôle, en entretien, est d'aider à soulager le quotidien et à soutenir le terrain, pendant que le suivi médical se poursuit en parallèle, jamais à sa place. Les prochains articles de ce dossier détaillent chacun un levier concret : les signes qui doivent alerter, les principes de l'assiette anti-inflammatoire, et, à venir dans ce dossier, les plantes traditionnellement utilisées en accompagnement, des gestes simples pour soulager la douleur au quotidien (chaud, froid, réflexologie plantaire), et la fatigue ou le sommeil qui se dérèglent souvent en silence.

Par où commencer

Si vous découvrez votre endométriose, ou si vous êtes encore en attente d'un diagnostic, commencez par ce qui est vérifiable : en parler à votre gynécologue, faire poser un diagnostic clair, puis construire, autour de ce suivi, un accompagnement complémentaire. Dans ce dossier, retrouvez déjà les signes qui doivent alerter, ce qui a changé dans le diagnostic, test salivaire compris, et les principes de l'assiette anti-inflammatoire : les plantes, la gestion de la douleur au quotidien et la fatigue ou le sommeil suivront dans les articles futurs, sans jamais se substituer à votre parcours médical. Vous n'avez pas besoin d'attendre d'avoir toutes les réponses pour commencer à prendre soin de votre terrain : beaucoup de femmes que j'accompagne le font en parallèle de leurs examens, de leur traitement, ou de leur attente de rendez-vous spécialisé. Le premier entretien dure une heure trente pour 100€, au cabinet dans le 15ᵉ arrondissement ou en visioconférence ; les entretiens de suivi, plus courts, permettent d'ajuster le plan d'hygiène de vie dans la durée. En entretien, je prends le temps de regarder avec vous votre histoire, votre terrain, et ce qui, concrètement, peut vous soulager au quotidien.

Un mot avant de refermer cet article : la naturopathie ne se substitue pas à un suivi médical. Aucun traitement en cours ne doit être interrompu sur la base de ce que vous lisez ici. Si vous vivez avec des douleurs qui vous inquiètent, ou si vous êtes en attente de diagnostic, parlez-en d'abord à votre gynécologue : c'est, dans tous les cas, la première étape. Ce dossier ne remplace en rien cet avis : il se lit en complément, pas à la place.

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